Figures libres

Pour la mémoire des Camondo … et les leçons que nous pouvons en tirer.

Visite aujourd’hui de la très intéressante exposition « La splendeur des Camondo » au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris (http://www.mahj.org/fr/3_expositions/expo-Splendeur-Camondo.php).

Visiteur régulier et inconditionnel du musée Nissim de Camondo depuis des années, je n’ignorais pas quel fut le destin des descendants de Moïse, qui légua ce musée à la France en souvenir de son fils mort au combat en 1917. Sa fille Béatrice,  ses petits-enfants Fanny et Bertrand Reinach, déportés et assassinés durant la Seonde guerre mondiale. Le contraste entre l’attachement à la France de cette famille de mécènes venus de Constantinople et son extinction tragique du fait de l’Etat de Vichy m’a toujours été insupportable, et marque pour moi l’une de ces flétrissures de notre Histoire que nous devons toujours avoir à l’esprit.

C’est pourquoi j’avais été choqué d’un article du Figaro Magazine du 5 décembre 2009 indiquant : « Les Camondo n’eurent pas de descendance ». Car se souvenir des Camondo, préserver leur mémoire et leur histoire, comme le fait l’exposition du musée d’art et d’histoire du judaïsme, c’est considérer un exemple majeur de la richesse de l’apport des étrangers à notre pays, de la volonté de rejoindre la Nation française comme ensemble de valeurs auxquelles on peut adhérer, c’est se méfier de tous les mouvements d’exclusion, de rétrécissement, d’intolérance qui peuvent conduire au pire.

En matière d’identité nationale, Renan ne se demode pas. Il faut certes avoir une identité pour pouvoir y adhérer. Mais l’identité nationale française, ce sont justement  des valeurs universelles qui sont ouvertes à tous, et qui se sont construites par d’innombrables apports. Cela veut dire que notre société doit se retrouver dans un socle commun, qui peut évoluer, et qui rassemble, qu’elle doit s’inscrire dans un cadre qui garantit sa cohésion. Comment cela serait-il possible avec une vision fermée, avec une conception réductrice de l’identité, avec des preuves de nationalité qui doivent remonter sur trois générations ? Les Camondo avaient compris ce que cela signifiait d’être Français.

PS : concernant les chicayas administratifs relatifs à la nationalité, ils sont choquants à plus d’un titre. Je suis doublement concerné : mon père est né à l’étranger ; quant à ma mère, le certificat de nationalité de son père a été rédigé sur une feuille volante par un FFI en 1944. C’est aussi cela qui fonde ma fierté d’être Français, et rien ne pourra m’enlever ces différents éléments constitutifs. Comment dire à des personnes qui se sont investies dans la communauté nationale, qu’elle n’en ferait plus partie ? Quant à la forme extrêmement choquante de ces demandes, leur irréalité stupide (comment retrouver un acte de naissance dans un pays qui a été malmené par la guerre, ou sans grande adminsitartion ? cela me rappelle une scène du film ridicule où le généalogiste demande des actes de naissance remontant deux siècles en avance, à une époque où les incendies étaient fréquents), leur caractère blessant, elle mérite d’être très rapidement corrigée.

Camondo

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