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Quel métro pour Courbevoie ?

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Il fut un temps où la prolongation des lignes de métro était un phénomène normal. Mais c’était un phénomène par à coups : les lignes de métro ont été régulièrement prolongées d’une ou deux stations, mais le plan de métro de 1960 ressemblait dans ses grandes lignes à celui de 1910. Après le RER à partir des années 1960, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de construction de nouvelles lignes, et de prolongation de l’existant. La plupart des tracés présentés pour ces grands projets – métro automatique de Christian Blanc, Arc Express de la région, prolongement du RER E acté jusqu’à La Défense, et au-delà vers le Mantois – traversent notre commune de Courbevoie. Or les tracés sont actuellement incertains, de même que l’emplacement des stations. C’est aujourd’hui qu’il faut se positionner pour montrer qu’une – ou plusieurs – stations de métro à Courbevoie, et pas seulement à La Défense, correspondent autant à un projet urbain qu’à une nécessité socio-économique. Nous devons réfléchir à l’articulation entre réseaux principaux et secondaires dans notre commune, appréhender l’espace en termes de relations entre les quartiers, entre les communes qui constitueront demain notre intercommunalité, entre les territoires du Grand Paris auquel nous appartenons pleinement au travers du pôle de La Défense. Les Courbevoisiens ne nous pardonneraient pas de rater le coche, et ils auraient raison :  nous avons des besoins identifiés, nous avons des projets urbains cohérents, et nous avons l’opportunité de peser sur une multitude de grands projets actuellement en discussion. Saisissons l’occasion, c’est notre ville dans 30 ans qui se dessine aujourd’hui :  soit elle sera une entité dynamique, attractive par sa qualité de vie, ses services proposés, sa mixité entre logements, commerces, bureaux, son attention au développement durable, au sein d’une semble bien intégré, qui comprendra le centre des Hauts-de-Seine autour de la Défense et la boucle Nord, soit elle sera un isolat, une commune vieillissante dont l’activité se réduit, un bas-côté de La Défense sans identité et sans dynamique propre.

On le voit bien, le projet de Christian Blanc (ci-après) prévoit à ce stade deux tracés alternatifs, l’un se dirigeant vers le port de Gennevilliers depuis La Défense et évitant notre commune, l’autre traçant une ligne droite vers le carrefour Pleyel et passant par Courbevoie. La question n’est d’ailleurs pas de savoir si l’un ou l’autre est préférable, mais s’il est possible que la desserte de notre commune soit considérée comme prioritaire, quel que soit le tracé retenu (c’est-à-dire la station suivante). La distance entre les stations évoquée par Christian Blanc implique qu’une telle station se situe aux confins de Courbevoie, Bois-Colombes, La Garenne-Colombes. N’y aurait-il pas là une opportunité de desservir le quartier de l’Europe et le nouveau quartier des Bruyères, riches en emplois (avec des entreprises leaders comme IBM ou Aviva) et en nouveaux habitants, et aujourd’hui très mal desservis, si ce n’est par une gare de Bécon-les-Bruyères saturée ? Et ne serait-il pas possible de concevoir un pôle intermodal avec cette gare ? Cela est d’autant plus envisageable qu’il existe encore des terrains propriétés de Réseau ferré de France, qui pourraient être utilisés pour cette gare et les opérations commerciales adjacentes prévues par la loi sur le Grand Paris. Un véritable pôle dynamique et bien connecté, mais aussi caractérisé par sa qualité de vie, son esprit village, pourrait ainsi voir le jour, à une station de La Défense. Cela correspond à la volonté de faire de ce pôle un endroit agréable, au cadre de vie préservé, et avec une véritable mixité. La complémentarité entre pôle principal et secondaire est bien établie.

Grand-paris-reseau-transport-commun-metro-automatique

L’autre projet actuellement en lice est celui d’Arc express promu par la région – étant entendu que les deux projets devront en partie fusionner. Sa logique est différente : une ceinture autour de Paris, avec des arrêts rapprochés, et qui connectent des points importants de trafic (têtes de lignes de métro – réminiscence du projet « métrophérique » de la RATP -, stations de RER, gares de Transilien). Les deux tracés retenus (cf. ci-dessous) se situent l’un sur un axe place de Belgique (La Garenne-Colombes), Colombes, Gennevilliers, et l’autre place de Belgique, Les Vallées, Bois-Colombes, RERC Les Grésillons. Ces deux tracés paraissent assez peu infléchissables, à moins d’en orienter un vers le pôle Europe-Bruyères, compatible avec le deuxième tracé (plus qu’avec le premier, quoiqu’il soit possible de l’infléchir vers Colombes par un coude).

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Mais à observer cet tracé d’Arc express, en repensant notamment à métrophérique, on s’aperçoit que si Courbevoie est parfois en dehors des tracés, c’est que, trop proche de Paris, elle devrait déjà être desservie par le métro. La prolongation de la ligne 3 doit être une revendication pour notre ville. Et ce n’est pas une revendication surréaliste ! La ligne 13 a été prolongée de deux stations récemment, mais elle franchissait la Seine depuis bien longtemps. La ligne 4 connaît actuellement la même prolongation dans le Sud du département. Deux stations mériteraient d’être créées à coup sûr : une station Bécon assurant l’interconnexion avec le train, et une station Courbevoie-centre.

Arrêtons-nous sur cette station, essentielle pour l’avenir de notre commune. La mutation du centre-ville de Courbevoie a commencé, et va s’amplifier avec la nécessaire réflexion urbaine sur le centre-ville, sa cohérence urbaine et ses circulations, ses liaisons avec les autres quartiers de la ville, ses équipements et ses services, qui doit être menée parallèlement à la rénovation du centre commercial Charras. Pour la valorisation de nos équipements, notamment culturels et sportifs, pour la redynamisation d’un centre-ville qui doit être plus vivant, une station de métro est essentielle ; la station de train Courbevoie est aujourd’hui trop excentrée pour permettre la desserte du stade, de l’espace Carpeaux ou de la place Hérold, qui a vocation à devenir un lieu de vie, et non plus seulement de transit. Cette revendication n’est pas seulement tournée vers l’aménagement de Courbevoie, elle est en phase avec la nécessité de prolonger depuis la Défense le pôle de la finance du Grand Paris, qui ne doit pas seulement être un lieu d’activités, mais aussi un lieu de vie. Le centre-ville de Courbevoie a vocation à devenir l’un de ces centres secondaires qui font l’attrait du pôle central du quartier d’affaires : un centre justement marqué par ses commerces de proximité, son cadre de vie, ses équipements.

La ligne 3 pourrait donc être prolongée vers La Défense, ou, mieux encore, avec deux branches, l’une rejoignant La Défense via Courbevoie-centre (et pourquoi pas via Bécon), l’autre rejoignant la place de Belgique à La Garenne-Colombes via Bécon et la place de l’Europe, assurant ainsi une interconnexion avec la gare SNCF, le tramway T2 et demain la prolongation du T1. Cela est cohérent, du point de vue de la démographie et de l’activité, avec la poursuite du développement de La Défense, avec les nouveaux pôles des Bruyères et de la Place de Belgique, cela est cohérent avec la saturation des lignes – celles de train, celles de RER vers La Défense, et surtout cela est dans le mouvement de l’Histoire – le franchissement de la Seine par les lignes de métro. Il faut noter que ces stations de métro de Courbevoie correspondraient à des interfaces avec le réseau express proposé par Christian Blanc – et même avec les stations projetées d’Arc express pour la branche « nord ». C’est d’ailleurs ce qu’indique le schéma ci-dessous : à partir de la structuration du territoire du Grand Paris par les grands projets, il faut inventer un réseau secondaire. La ligne 3 peut être, avec les tramways et les bus en site protégé, un des éléments de ce réseau qui irriguera le métro express du Grand Paris. C’est cette vision que nous devons porter.

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Nous devons donc avoir une seule priorité : permettre la création de deux stations sur notre territoire, l’une desservant le centre-ville de Courbevoie, l’autre desservant l’ensemble Bécon-Bruyères-Europe. Pour parvenir à cet objectif, nous avons des opportunités multiples : projet de métro automatique du Grand Paris, projet Arc Express, prolongation de la ligne 3 ; il est même possible d’agir sur plusieurs de ces leviers en même temps, dans la mesure où la prolongation de la ligne 3 pour rejoindre une station de métro express peut être envisagée. La nécessité de repenser la ville à une grande échelle doit nous conduire à davantage d’ambition : Courbevoie est au centre des enjeux du Grand Paris ; nous devons, notamment au moyen de l’intercommunalité, mais aussi d’une politique volontariste de positionnement dans ces débats, montrer que notre ville s’inscrit dans une vision dynamique du territoire, durable, au service des habitants et des salariés, une vision prospective, ouverte sur les autres territoires. C’est cette vision qui justifie notre besoin de transports en commun, pas l’inverse.

Les-courtilles

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