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Ceux qui voient Courbevoie par le petit bout de la lorgnette

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La mini-ville de Courbevoie est peuplée de mini-Courbevoisiens. Ceux-ci sont priés de vivre uniquement dans de petits immeubles ou de petites maisons, de trouver du travail dans de petites entreprises, et de sortir dans des petits stades. Ils ne doivent surtout pas avoir d’ambition, si ce n’est de ne sortir le moins possible de chez eux, et surtout de ne pas vouloir bénéficier le moins du monde d’équipements dignes d’une ville de 85 000 habitants. Ils doivent rester discrets, à l’ombre des tous de La Défense et du Grand Paris, mais surtout ne pas s’impliquer dans leur propre avenir, dans l’avenir de toute la métropole. Il ne faut rien toucher au mini-Courbevoie : tout changement serait pire que tout.

Telle est la vision de plusieurs élus de Courbevoie, appartenant pour certains à des groupes politique dont le nom aurait dû être révélateur – « une autre ambition pour Courbevoie », c’est-à-dire pas d’ambition du tout… Quand un nouveau projet arrive sur la table, il ne s’agit pas d’en observer les potentialités et les bénéfices de long terme pour les Courbevoisiens, mais de dire que tous ces travaux, ça va bien faire du dérangement ; que, puisque le projet n’est pas parfait, mieux vaut y renoncer plutôt que de prendre le moindre risque ; qu’un inconvénient potentiel vaut bien dix avantages avérés.

Quelques exemples précis : Charras, Les Damiers, Arena 92.

Concernant Charras, le problème est en apparence simple : un promoteur immobilier doit revitaliser un centre commercial qui peine à trouver sa place entre les commerces de proximité et le centre commercial régional de La Défense. Cette opération est l’occasion formidable de repenser tout l’aménagement d’un ensemble qui comprend la  piscine et la patinoire, un marché, une grande dalle, des espaces verts ; elle comprend une part privée, et une part publique, et n’en est qu’à ses prémices. Aujourd’hui, rien n’est arrêté, ce qui n’a pas empêché l’opposition de laisser cours à tous ses fantasmes. Les habitants du quartier ont entendu parler de tours immenses qui les priveraient du soleil, de disparition des parcs et des équipements publics, de violations à venir de leurs droits de copropriétaires. L’opposition n’hésite pas à faire preuve d’imagination, pour défendre l’immobilisme le plus absolu. Mais le danger de cette agitation qui repose sur des mirages est réelle : décourager les promoteurs qui voulaient prendre en charge le renouveau de Charras, se priver d’une opportunité de redynamisation de notre centre-ville, et laisser mourir à petit feu le centre commercial – avec les conséquences que l’on imagine pour les résidents du quartier et pour les équipements publics. Il est temps pour notre équipe de présenter sa vision d’avenir pour Charras, de prendre le temps de la pédagogie, en séparant bien toutes les étapes de ce projet complexe : ce qui relève d’un aménageur privé, sous le contrôle attentif de la mairie, et ce qui relève de l’aménagement public, et doit faire l’objet d’une réelle ambition, et d’une véritbale concertation. Nous ne devons pas, par notre absence de transparence, par notre incapacité à montrer quel peut être le visage du centre-ville de demain, laisser résumer, comme le fait l’opposition, le réaménagement de Charras à la disparition éventuelle de trois arbres qui ont moins de cinquante ans. Nous devons montrer que c’est une vision globale du réaménagement du centre-ville que nous portons, une vision qui va d’une place Hérold réaménagée, rendue au piétons et à l’animation, jusqu’au parc de Freudenstadt et aux commerces de la rue de Bezons, une vision où le centre Charras redynamisé et plus lisible a toute sa place, où une continuité s’opère entre les différents lieux de vie, un marché plus convial, une piscine et une patinoire rénovées et plus accessibles, des espaces verts créant une véritable continuité, une dalle de Charras qui trouve enfin son utilité, des résidences encore mieux intégrées, une desserte en transports en commun bien plus efficaces, avec pourquoi pas un métrp (cf. un autre article de ce blog). Chaque espace doit prendre sens dans cette grande aire de convivialité où tous les Courbevoisiens, quels que soient leur âge et leur intérêts, peuvent se retrouver. A nous d’avoir l’audace de défendre cette vision – et tout d’abord de la construire….

Concernant les Damiers, ce groupe d’immeubles de La Défense 1, il s’agit d’une situation complexe : un bailleur social, Logis transports, souhaite mettre fin aux locations dans certains de ses immeubles, afin qu’ils soient détruits et vendus à un promoteur immobilier qui souhaite y réaliser l’un des projets les plus importants et les plus novateurs du renouveau de La Défense. Il ne s’agit là d’une transaction privée, obéissant aux règles en matière de logement social  – à la nuance près que l’EPAD demeure propriétaire du terrain, et que cette opération passe par la privatisation de certains espaces aujourd’hui publics. Mais le sort des locataires du bailleur social ne relève absolument pas directement de la mairie, contrairement à ce qu’insinue depuis le début l’opposition ! Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, a indiqué dès l’origine du projet que rien ne se ferait sur la Défense 1 sans le relogement des habitants des Damiers dans de bonnes conditions. La mairie s’est énormément impliquée dans ce relogement. Le fait que le projet Hermitage soit un facteur essentiel de redynamisation de la Défense est toujours passé sous silence par l’opposition, qui ne s’intéresse ni aux emplois créés, ni même à l’amélioration du cadre de vie. La majorité, elle, continue de travailler. Et ce travail porte ses fruits puisque plus de la moitié des familles ont été relogées. Mais c’est un processus long , qui doit tenir compte de deux exigences, celle de reloger le mieux possibles les familles – et voici quelques témoignages dont la source ne peut êre ignorée, mais qui rétablissent un peu la balance -, et celle de permettre à un projet extraordinairement attractif par beaucoup d’aspects de voir le jour sur notre commune. Parfois ces deux objectifs se télescopent : c’est que la réalité est parfois complexe à gérer. Or la complexité n’entre pas dans le mode de pensée de l’opposition. Pourtant nous sommes, à Courbevoie plus encore qu’ailleurs, dans un univers de grande complexité avec l’opération d’intérêt national de La Défense et l’EPAD. Cela ne veut pas dire que la mairie ne puisse rien faire, d’autant plus que le maire est aussi vice-président de l’EPAD. Mais il faut que les élus fassent preuve d’une grande vigilance, et fassent bien comprendre à tous que le temps d’une gestion de La Défense sans les habitants est révolue – ce qui ne signifie pas pour autant une remise en cause du bien-fondé du développement du quartier d’affaires. C’est d’ailleurs grâce au Maire de Courbevoie que le traitement du dossier des commerçants de la Coupole est en train de s’améliorer. Cela ne veut pas dire que ce dossier soit résolu, loin de là, et les élus de Courbevoie doivent être aux côtés des commerçants, salariés et résidents proches de La Coupole pour trouver des solutions d’urgence comme imaginer le futur de ce lieu de vie. Sur tous ces dossiers, nous ne pouvons nous contenter de l’immobilisme, comme l’opposition, ou pire encore de contrer le développement de La Défense, essentiel pour tout le pays. Mais il est évident que c’est un développement d’un nouvel âge, plus soucieux des habitants, plus soucieux du développement durable, tirant profit aussi de son environnement immédiat pour devenir encore plus attractif, qui doit être envisagé pour La Défense. Courbevoie a un rôle de premier ordre à y jouer, à condition de trouver la bonne voie entre la critique perpétuelle et le suivisme aveugle des projets de l’EPAD.

Concernant Arena 92, ce futur stade modulable qui doit trouver sa place derrière la Grande Arche et accueillir aussi bien une équipe résidente de rugby, le Racing, que des événements culturels ou sportifs ponctuels,  je ne redirai pas ce qui a été écrit sur d’autres blogs comme www.notrecourbevoie.com ou http://umpcourbevoie.typepad.com/moncourbevoie/2010/07/projet-de-stade-arena-92une-chance-%C3%A0-saisir-pour-courbevoie-.html#tp, mais je peux témoigner à mon tour de cette séance surréaliste au conseil municipal du 30 juin dernier, où l’opposition énumérait des points négatifs du projets, réels – et il existe justement une enquête publique et une procédure de concertation pour les corriger – ou totalement fantsamés, sans jamais une seule fois, jamais, imaginer qu’avoir un tel équipemet à proximité soit une chance pour notre ville. Tout y est passé, les nuisances sonores, la circulation et le stationnement – puis l’isolement d’un projet situé entre deux cimetières. Alors, proximité des habitations ou trop grand isolement, c’est à n’y plus rien comprendre. Quant à l’idée que les parkings soient réduits … n’était-ce pas à l’origine une revendication classique des Verts et de la gauche pour privilégier les transports en commun ??? Surtout, comment ne pas mentionner une seule seconde que les Courbevoisiens pourraient apprécier d’avoir des grands événements festifs, sportifs et musicaux à côté de chez eux ? Que c’est l’occasion de redonner des couleurs et de la vie à La Défense, surtout dans sa zone arrière – qui n’a guère été revitalisée par l’aménagement monolithique et monotone des communistes nanterriens ? Pour avoir été à un concerrt cet été dans les Arènes de Nîmes, totallement insérées dans la ville, j’a pu voir que s’il y avait évidemment des nuisances pour certains, il y avait surtout beaucoup de bonheur et d’animation de pouvoir profiter des concerts,… Un projet, surtout à ce stade de conception, n’est certainement pas parfait. Mais pourquoi vouloir toujours dénier la moindre qualité à ce qui est grand, à ce qui est beau, à ce qui tire notre ville vers le haut. Pourquoi ne jamais ademettre que l’intérêt général est quelque chose de parfois supérieur à certains intérêts privés ? Croyez-vous vraiment que les Courbevoisiens se préoccupent uniquement des crottes de chiens ? Il est temps de se projeter dans la réalité de ce que vivent et de ce à quoi aspirent nos concitoyens ! Pas à la réalité d’une ville dortoir de province.

La meilleure réponse face à tous ceux qui voient Courbevoie par le petit bout de la lorgnette, c’est l’action et l’ambition. A mi-mandat, celles-ci ne doivent pas faiblir, mais au contraire être décuplées. Cela veut dire présenter un projet clair pour le centre-ville et Charras. Cela veut dire relancer le projet de Cité des loisirs. Cela veut dire imaginer l’articulation entre La Défense et les quartiers de Courbevoie, et repenser la place de la ville dans le quartier d’affaires. Cela veut dire revivifier nos quartiers commerçants, comme Bécon pou Bezons-Marceau. Cela veut dire réapprivoiser la Seine. Cela veut dire revendiquer de nouveaux transports en commun. Cela veut dire positionner notre ville dans le Grand Paris. Cela veut dire proposer une nouvelle façon d’être Courbevoisien, donner sens au développement durable, à la solidarité, à la convivialité à l’échelle d’une ville. Cela veut dire tout simplement redonner matière à rêver, mais aussi à fédérer.  Cela veut dire pouvoir être fier de la singulairté de notre ville, de ce qu’elle propose, de ce qu’on lui apporte. J’ai déjà abordé certains de ces points dans des notes précédentes, que ce soit sur le parc de Bécon ou sur le métro à Courbevoie. Je vais essayer de développer les autres cet été, comme des rendez-vous réguliers. Je l’ai déjà écrit ici, j’en suis convaincu, nous sommes à un tournant pour notre ville. Le choix du mini-Courbevoie et de sa banlieue dortoir contre le choix d’une ville attractive, bien connectée, qui a trouvé sa place dans le Grand Paris, parce qu’elle a osé résoudre l’apparent paradoxe de proposer à ses habitants des services et des équipements innovants, une architecture audacieuse, les loisirs d’une grande ville, son animation, ses emplois, autant qu’elle leur garantit de la convivialité, des commerces de proximité et une facilité de vie pour les familles. Et il est trop facile d’agiter les peurs des tours, du béton, du changement : c’est un projet essentiellement axé sur les habitants, tous ceux qui vivent ou travaillent à Courbevoie, tous ceux qui aiment cette ville et connaissent ses ressources encore inexploitées. Ce Courbevoie à venir, il appartient de le bâtir à tous ceux qui voient l’avenir en grand.

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