Gambetta

Réaménagement de La Défense 1 : une immense chance pour notre ville… à quelques conditions

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Jeudi 9 septembre dernier se tenait au stade de Courbevoie une réunion publique abordant le thème de la couverture de la RD7 – et plus largement celle du réaménagement du quartier de La Défense 1, ce quartier en dehors du circulaire, au bord de la Seine.

Ce réaménagement est lié à la réalisation du projet Hermitage, ces deux tours dessinées par Norman Foster, qui s’arrêteront à 1m en dessous du niveau de la Tour Eiffel, et constitueront un nouveau symbole pour notre métropole. Quelques précisions sur le projet : il s’agit d’un ensemble mixte accueillant des logements, des bureaux, des commerces, des activités de loisirs et de culture, un hôtel. Sa construction devrait s’étaler de 2011 à 2016. Il s’élèvera sur l’emplacement actuel de trois immeubles des Damiers, à condition que le relogement des habitants de ces immeubles soit achevé, condition posée par le maire de Courbevoie. Aujourd’hui, ce relogement se poursuit, et il est impératif qu’il se passe dans de bonnes conditions, nous devons tous y veiller et respecter nos engagements. Il y a aussi quelques inquiétudes concernant la solidité du promoteur immobilier ; pour notre part, nous avons un protocole qui a été signé en grande pompe par deux présidents de la République : si ce n’est pas une raison suffisante pour se mettre au travail, je ne sais pas ce qu’il faut attendre !

Le réaménagement de La Défense 1 est la conséquence du projet, puisque les fonds servant à créer ce nouvel espace public proviennent de l’opération immobilière. Il ne s’agit pas seulement d’offrir un pied de tour réaménagé ; l’objectif est de concevoir un espace public de grande qualité, généreux, avec des commerces, des restaurants, des animations, en bordure de Seine, grâce à la couverture de la départementale. Il s’agit aussi de mettre fin à l’isolement de ce quartier, qui était relié à la dalle principale de La Défense par des passerelles ridiculement étroites, et se présentait comme une forteresse côté Courbevoie. Ouverture vers la Seine, lien avec la quartier d’affaires, lien avec la ville – vers le Centre Charras et le Parc Diderot, ce projet représente de manière évidente un plus pour notre ville. Et au-delà, pour tout le Grand Paris, en devenant un lieu emblématique. Personnellement, je dois dire que je suis extrêmement séduit par ce projet, par la beauté de ces tours tout d’abord, par la possibilité d’avoir enfin une politique cohérente de reconquête de la Seine, par la recréation d’une continuité urbaine à Courbevoie, par son  intégration dans l’axe majeur. C’est un projet d’intérêt à la fois métropolitain et local, et c’est justement cette double échelle qu’il faut maîtriser.

Cette réunion publique était l’occasion de présenter les projets de réaménagement, qui débutent dès l’année prochaine par la place des Saisons. Les responsables de l’EPAD et de DEFACTO, ainsi que Djamel Klouche, l’un des architectes du Grand Paris mandaté justement sur la cohérence urbaine de La Défense Nord, et Thomas Richez, dont le cabinet est chargé de l’étude technique de faisabilité de la couverture, étaient présents pour présenter les projets.

Une remarque de Djamel Klouche : « une réunion de concertation ce n’est pas un face à face, c’est travailler ensemble pour faire atterrir un projet au mieux ». Dommage que certains aient eu du mal lors de cette réunion à adopter cette définition. Peut-être la réunion qu’ils avaient tenue avec l’opposition deux jours avant explique pour certains cette agressivité dirigée contre le maire….très loin des vrais enjeux du réaménagement du quartier pour notre ville. Je crois que la majorité des personnes présentes dans la salle ne s’y sont pas trompés, et ont bien compris que l’objet de cette réunion était justement de maximiser les opportunités de ce projet tout en faisant disparaître au maximum les aspects négatifs. Les riverains ont fait part de leurs légitimes interrogations, et plusieurs axes de travail ont pu être développés. Il reste désormais trois groupes de travail pour avancer dans cet esprit, avant la réunion de restitution au stade le 18 octobre prochain, qui sera suivie d’un mois d’exposition en mairie.  

Cela nous permettra de fixer les conditions d’une pleine réussite de ce projet. Plusieurs se dégagent déjà : qu’il y ait de véritables liaisons avec la ville et La Défense, que le quartier conserve sa mixité et sa dimension de proximité, qu’il n’y ait pas de phénomènes de bunkerisation, que les espaces publics soient accessibles à tous, que les nuisances du chantier soient réduites. Bref, que La Défense devienne plus humaine, plus attractive parce que présentant de nouvelles tours, de nouveaux services, mais aussi une réelle animation, une vie de quartier. C’est cette approche, où ambition et proximité ne peuvent se concevoir l’un sans l’autre, où la dimension humaine de La Défense est valorisée (cf. d’autres dossiers comme La Coupole, où nous intervenons pour que soit respectée cette dimension), où le quartier d’affaires n’est plus une construction hors-sol, mais bien un quartier vivant, en lien avec toute la métropole comme avec les quartiers voisins, que nous défendons.

Mais il ne faut pas se leurrer. Comme l’a rappelé Jacques Kossowski en introduction, c’est bien l’avenir de La Défense qui est en jeu, c’est une opportunité formidable pour notre ville, pour l’ensemble de son aménagement, et nous ne devons pas la gâcher. Je suis frappé par le conservatisme de l’opposition municipale de Courbevoie. Tout nouveau projet, la rénovation ô combien nécessaire de Charras, Arena 92, etc., est aussitôt abordé sous l’angle des nuisances, de la méfiance, jamais de l’enthousiasme et des opportunités. Avec de tels élus, Courbevoie se serait arrêtée dans les années 1950, et La Défense serait encore des bidonvilles avec quelques vaches. Il est dommage que le leader socialiste, qui aime bien les citations, ait oublié Julien Gracq (reprenant Baudelaire) :  « La forme d’une ville change plus vite, on le sait, que le coeur d’un mortel ». A nous justement d’accompagner ces mutations – à faire atterrir les projets au mieux, pour reprendre les mots de Djamel Klouche.

Ce n’est pas notre conception, et nous le revendiquons. Mais cela n’est en rien incompatible avec une approche fondée sur la proximité et le développement durable. Cela n’enlève rien à la nécessité de penser les impacts de ce projet pour tous les riverains, de limiter les nuisances, et d’apporter dès aujourd’hui les modifications nécessaires pour une meilleure intégration du projet. C’est cela être responsable.

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