Transports

Article sur le prolongement de la ligne 3 du métro

Reproduction d’un article paru ce lundi 9 septembre 2013, rédigé par Sophie Deschiens, conseillère régionale et adjointe au maire de Levallois. Les maires de Levallois et Courbevoie ont déjà eu l’occasion de s’exprimer à plusieurs reprises lors du débat sur le Grand Paris sur la nécessaire prolongation de la ligne 3.

La saga de la ligne 3 de métro – une véritable discrimination des socialistes à l’égard du 92 !

Le 26 mai 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, était approuvé à l’unanimité le tracé du réseau de transport Grand Paris Express scellant l’accord Etat / Région visant à permettre, dès 2018, l’ouverture des  premières nouvelles lignes du métro automatique francilien.

Dès 2011 Patrick Balkany demande le prolongement de la ligne 3

Dès juin 2011, Patrick Balkany, Député  des Hauts-de-Seine et Maire de Levallois, avait sollicité tour à tour  Pierre Mongin, Président Directeur Général de la RATP, André Santini,  Président de la Société du Grand Paris, Maurice Leroy, Ministre de la  Ville et Jacques Kossowski, Député-Maire de Courbevoie pour plaider le  prolongement de la ligne 3 de métro.

En effet, partant de la station  Gallieni, dans l’est parisien, cette ligne s’achève en bord de Seine, au pied du Pont de Levallois, face au quartier de Bécon-les-Bruyères,  destiné à accueillir l’une des stations du Grand Paris Express.

Un cul-de-sac depuis 70 ans

Cette future gare, située de l’autre  côté de la rive de la Seine, ne sera distante que d’1,1 km de la station Pont de Levallois, terminus de la ligne ouest de la ligne 3 du métro.

Cette proximité doit impérativement  conduire à l’étude du prolongement de la ligne 3 du réseau RATP jusqu’à  la gare de Bécon-les-Bruyères qui deviendrait à cette occasion un nœud  ferroviaire complet, puisque desservi par les réseaux SNCF, RATP et  Grand Paris, permettant de surcroit d’améliorer la desserte Levallois – La Défense par le biais des transports en commun dont la SNCF et le Syndicat des  Transports d’Ile-de-France reconnaissent qu’elle est complexe à faire  évoluer dans sa forme actuelle via la gare de Clichy-Levallois.

Il s’agissait là d’une opportunité  unique de raccordement du nouveau réseau à une ligne ancienne de métro  qui, depuis plus de 70 ans, s’achève en cul-de-sac en bord de Seine.

Dès août 2011, le président de la RATP répondait positivement au Député-Maire en ces termes : « Les enjeux de déplacement liés aux fortes densités de population à  Levallois et de l’autre côté de la Seine, ainsi que le lien stratégique  avec La Défense, rendent en effet pertinente une connexion au réseau du  Grand Paris, dans un contexte par ailleurs fort en développement. »

La demande vigoureuse de la Majorité municipale

En septembre 2012, constatant que la  Région, autorité organisatrice des transports, dans son projet de  révision du Plan de Déplacements, n’avait pas retenu cette option, les  élus de la Majorité municipale levalloisienne ont émis un avis  défavorable sur ledit projet en demandant expressément que le  prolongement de la ligne 3 soit inscrit dans sa version définitive qui  sera adoptée d’ici la fin de l’année 2013.

L’aménagement du territoire relevant de  la Région, le débat sur le futur Schéma D’aménagement de la Région  Ile-de-France (SDRIF) s’est ouvert en octobre 2012.

Au cours de ce débat, porte-parole du  groupe UMP à la Région, j’ai présenté plusieurs amendements dont celui  sollicitant le prolongement de la ligne 3 en faisant valoir que la RATP  n’avait pas manqué d’appuyer la demande conjointe des Députés-Maires de  Levallois et de Courbevoie appuyés par le Conseil Général des  Hauts-de-Seine. L’ensemble de ces acteurs souhaitant voir se développer  le maillage des lignes de métros existantes avec la rocade du métro  automatique.

Les mauvais arguments des socialistes

Le président socialiste de la Région a rejeté ces demandes en ces termes: « On ne peut pas inscrire des prolongations de ligne sachant que l’une des  caractéristiques qui sont bien connues des spécialistes, c’est qu’une  ligne trop longue ne fonctionne pas bien et les dysfonctionnements se  multiplient. C’est quelque chose qui est communément admis, une ligne  longue ne fonctionne jamais bien. »

Etant pour le moins interloquée par cet argument, une petite étude s’imposait.

Quelle ne fut ma surprise de constater  que depuis 2011, la ligne 8 s’étend sur une longueur de 23 km,soit deux  fois plus que la ligne 3 qui ne couvre que 11,6 km ou encore que depuis  mars dernier la ligne 4 compte une longueur de 12,3 km et que la ligne 1 est de 16,5 km.

Un nouveau vœu de Patrick Balkany

Muni de ces constats, dès avril 2013, en séance du Conseil des Syndicats des Transports d’Ile-de-France, le  Groupe UMP à la Région a présenté au nom du Député-Maire Patrick  Balkany, un vœu revenant sur la demande de prolongation et réfutant  l’argument visant à présenter la ligne 3 comme trop longue pour faire  l’objet d’un prolongement.

Ce vœu fut rejeté au « motif » que ce  projet de prolongation ne serait inscrit ni au Plan de Déplacements, ni  au SDRIF… Et pour cause puisque qu’à l’heure où j’écris ces lignes, les  enquêtes publiques sont à peine achevées et que les commissaires  enquêteurs, auprès desquels nous avons bien entendu fait part de nos  remarques et de nos souhaits, n’ont toujours pas remis leurs conclusions !

Le masque tombe

Dernier épisode en date, lors de la  séance plénière du Conseil Régional de juin, a été présenté le nouveau  protocole Etat-Région relatif à la mise en œuvre du plan de mobilisation pour les transports sur la période 2013-2017 dans le cadre du Grand Paris Express (désormais rebaptisé Nouveau Grand Paris puisque sur ce projet comme sur tout ce qui a été initié par Nicolas Sarkozy il convenait de tenter de gommer sa marque !).

Ce fut donc une nouvelle occasion pour  moi de défendre notre demande de prolongement de la ligne 3 en précisant bien que l’argument longueur de la ligne n’était pas recevable. Je dois avouer que j’étais impatiente de connaître la nouvelle considération qui me serait opposée…

Je ne fus pas déçue car, poussé dans ses retranchements, le Vice-Président écolo chargé des transports a été  contraint de tomber le masque : « Cette partie du 92 est déjà trop bien desservie, votre réseau est performant, le trafic n’est pas à saturation. »

Les Levalloisiens apprécieront !

Les Levalloisiens qui empruntent  quotidiennement cette ligne apprécieront, je n’en doute pas, ces propos, proches du déni, alors même qu’il est admis par les propres services de la Région, que la ligne présente des signes croissants de saturation,  avec par exemple quatre à six voyageurs debouts par m2 dans les rames à l’heure de pointe du matin, la limite de confort définie par les mêmes services étant fixée à quatre voyageurs par m2.

Il est clair qu’aucun argument sérieux  n’a jusqu’à présent jamais pu nous être opposé et que la position de la  majorité de gauche à la Région pose en l’espèce une véritable  discrimination à l’égard des alto-séquanais.

Mais, le combat continue et la prochaine étape sera donc l’approbation définitive du PDU et du SDRIF d’ici la  fin de l’année où nous ne manquerons pas de faire entendre à nouveau  notre voix.

Sophie Deschiens Adjoint au maire de Levallois Conseiller régional d’Ile-de-France

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